Pas du genre à attacher son chien avec des saucissons de #Lyon

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Il y a un truc que j’aime bien faire dans la vie, c’est me balader dans mon quartier (Lyon 7) et photographier les chiens attachés devant les supérettes. Et pour être plus précise, j’essaie surtout de photographier le petit nuage gris super mignon qu’ils ont tous au dessus de la tête.

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Cette habitude un peu bizarre (ok, j’en conviens) me vient d’un véritable coup de foudre pour une expression française : « Ne pas attacher son chien avec des saucisses ».

Il y a de ça quelques années (et là il faut m’imaginer assise au troisième rang d’un cinéma, me retourner vers vous dans une position super inconfortable et très déconseillée pour l’articulation du coude, comme Eddy Mitchell le faisait dans « La dernière séance ») bref il y a quelques années, je rencontre fortuitement cette expression au détour d’un bouquin. Au départ je pense que l’expression signifie « avoir un brin de jugeote » parce que je me dis qu’il faut vraiment être con pour aller attacher son chien avec des saucisses. En plus étant lyonnaise, je peux vous dire qu’ici c’est bien le dernier truc qu’on prendrait pour attacher son chien. Au pire on se relayerait pour le tenir par le colbac toute la journée si l’intégrité de nos saucissons en dépendait. Donc je suis restée pas mal de temps comme ça, à penser que c’était une sorte de contraire de « ne pas avoir inventé l’eau tiède » jusqu’au jour où la vérité m’est apparue en plein écran : « ne pas attacher son chien avec des saucisses  » = « être super avare ». Selon le déroulé suivant : si tu attaches ton chien avec des saucisses => le chien mange tes saucisses => faut racheter des saucisses + le chien n’est plus attaché => le chien va bouffer toutes tes autres saucisses + d’autres trucs = tu n’as plus de pognon et plus de saucisses. J’avoue que oui, j’ai aussi pensé que ma première explication était meilleure mais ce n’est pas le sujet.

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Je suis restée encore quelques années à cultiver mon amour pour cette expression dont je possédais maintenant tous les secrets mais qui restait somme toute très dure à caser dans les discussions et c’était assez frustrant. Un soir de la semaine dernière, alors que j’étais attablée en famille, une saucisse dans chaque assiette, j’ai décidé qu’il était temps de transmettre ce capital à mes enfants. J’ai alors tout déballé sur cette histoire de pognon, de chien et de saucisses. Les enfants ont longuement hésité entre trouver ce truc fabuleux ou me faire interner mais comme ce sont des enfants, ils ont finalement trouvé ça fabuleux. Bizarre mais fabuleux.

Le lendemain, cette histoire de chien et de saucisse déjà oubliée, nous partons nous promener dans un tout petit village où avait lieu un tout petit vide-grenier. Au détour d’une toute petite allée, ma fille se fige et me regarde intensément, elle me murmure avec la bouche habilement rapatriée sur le côté « Il y a un chien attaché avec des saucisses maman » « Où ? » « Là ».

Oui il était bien là. Enfin. Mon graal. Attaché avec des saucisses (en plastique, certes) et supportant le regard de toute une famille complètement effarée (la bouche un peu ouverte pour certains). Nous repartons secoués par une telle coïncidence, se demandant si c’est un signe, si Dieu essaie de nous dire un truc avec des saucisses, du pognon et des chiens. Se demandant ce qu’il faut faire quand la vie ne te donne pas des citrons mais des chiens attachés avec des saucisses. Des photos c’est ça ? Faut faire des photos hein ?

Un jour je vous raconterai mon histoire avec ma deuxième expression préférée tirée du film « Le Pacha » (Georges Lautner, 1968) : « On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort ». Quoi ? QUOI ?

8 commentaires pour “Pas du genre à attacher son chien avec des saucissons de #Lyon

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